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Salon Les coulisses de l'écrit : dimanche 10 octobre de 10h à 18h à Vernouillet, 78540, 3 rue Paul Doumer

Publié le par Elizabeth Robin

photo :© Juan José Bujidos / Elizabeth Robin

photo :© Juan José Bujidos / Elizabeth Robin

Venez rencontrer les auteurs et poètes de chez vous !

Le dimanche 10 octobre 2021 de 10h à 18h, au n°3 rue Paul Doumer, 78540 Vernouillet

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Après trois ans, Paul Verlaine

Publié le par Elizabeth Robin

photo : © Juan José Bujidos

photo : © Juan José Bujidos

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Le bateau ivre, Arthur Rimbaud

Publié le par Elizabeth Robin

photo : © Juan José Bujidos / Elizabeth Robin

photo : © Juan José Bujidos / Elizabeth Robin

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
– Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur Rimbaud, Poésies

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Et si... / Y si..., Elizabeth Robin (Ombres et lumières, 2019) reçoit un premier prix...

Publié le par Elizabeth Robin

Photo: © Elizabeth Robin

Photo: © Elizabeth Robin

Et si... , extrait de mon recueil Ombres et Lumières (2019),vient de recevoir le 1er prix au concours "Joutes poétiques de la francophonie" organisé par Les Rosati, prix Henri Caudron décernant la poésie libérée. 

Ce poème  a également trouvé sa mélodie, un air de guitare composé par Juan Jose Bujidos.

Y si... , un poema de mi recopilación Sombras y luces, ha recibido el 1er premio en el concurso "Joutes poétiques de la francophonie" organizado por Les Rosati, el premio Henri Caudron premiando la poesía moderna, libre. 

Este poema ya ha encontrado su melodía, un aire de guitarra de Juan Jose Bujidos. 

Et si…

 

Sous les bateaux désespérés

Glisse la peur,

Glisse la mort.

 

Ils sont partis

L’âme brisée

Fuyant les côtes de détresse.

 

Tombe la nuit,

Monte la peur

Á chaque vague cognant la coque.

 

Les enfants pleurent larmes au vent

Et le vent hurle de colère

Soufflant leurs voix jusqu’aux frontières !

 

La lune fond,

Le soleil sombre,

Noire est leur peine,

Le port est loin

Pour les bateaux abandonnés !

 

Jour après jour,

Le monde est sourd ?

Mais où sont donc les belles rives

Vertes d’espoir pour qu’on y vive ?

 

Et le vent peine

Á perdre haleine,

Gonfle les voiles de colère

Sifflant leurs voix jusqu’aux frontières !

 

Alors soudain…

S’ouvrent des mains

Comme des ailes d’albatros,

S’ouvrent des cœurs,

Quelques colombes du bonheur.

 Un peu d’amour

Au point du jour.

 

Alors enfin…

Coule la mort,

Coule la peur.

 

 

Y si…

 

Bajo los barcos desesperados

Se desliza el miedo

Se desliza la muerte.

 

Han partido

El alma herida

Rehuyendo las costas de socorro.

 

Cae la noche,

Sube el miedo

A cada ola golpeando el casco.

 

Los niños lloran lágrimas al viento

¡Y el viento grita de ira

Soplando sus voces hasta las fronteras!

 

La luna se esfuma,

El sol oscurece,

Negra es su pena,

¡El puerto está lejos

Para los barcos abandonados!

 

¿Día tras día

El mundo está sordo?

¿Pero dónde están las hermosas orillas

Verdes de esperanza para vivir?

 

Y el viento lucha

Hasta perder el aliento,

¡Hincha las velas con ira

Silbando sus voces hasta las fronteras!

 

Entonces de repente…

Se abren manos

Como alas de albatros,

Se abren corazones,

Unas palomas de felicidad.

Un poco de amor

Al final del día.

 

Entonces finalmente…

Se hunde la muerte,

Se hunde el miedo

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Espoir à fleur de peau, Elizabeth Robin

Publié le par Elizabeth Robin

photo : © Juan José Bujidos

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Super facteur, Elizabeth Robin, À l'étoile de nos pas, 2021

Publié le par Elizabeth Robin

photo: © Juan Jose Bujidos / Elizabeth Robin

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Poème primé au palmarès 2020 du concours organisé par Transform / SAP pour la diffusion du don d'organes et de la greffe.

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À l'étoile du don, Elizabeth Robin, À l'étoile de nos pas, 2021

Publié le par Elizabeth Robin

photo: © Juan Jose Bujidos / Elizabeth Robin

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Pour la diffusion du don d'organes, en réponse à l'appel littéraire organisé par SAP en partenariat avec TRANSFORM... À l'étoile du don est au palmarès 2020 ! 

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Mon cœur sera le tien, Elizabeth Robin, À l'étoile de nos pas, 2021

Publié le par Elizabeth Robin

photos: © Juan Jose Bujidos / montage: Elizabeth Robin
photos: © Juan Jose Bujidos / montage: Elizabeth Robin

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La SAP est organisatrice de concours artistiques chaque année, pour la sensibilisation au don d'organes.

J'ai le plaisir de voir mon poème en deuxième place pour le concours de poèmes !

 

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Le papillon et les fleurs, Elizabeth Robin

Publié le par Elizabeth Robin

photo: © Juan Jose Bujidos

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Il fait un temps de papillons / Hace un tiempo de mariposas, Elizabeth Robin, À l'étoile de nos pas, 2021

Publié le par Elizabeth Robin

photo : © Juan José Bujidos

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