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L'invitation de la folie

Publié le par Elizabeth Robin

photo © Juan Jose Bujidos

photo: © Juan Jose Bujidos

Une fable méconnue de Jean de La Fontaine, mais tellement adorable ! Humour à travers la vérité des mots!

Bonne lecture ! Elizabeth Robin

L'invitation de la folie !...fable de Jean de la Fontaine

La Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un café chez elle. * Tous les invités y allèrent. Après le café la Folie proposa :

- On joue à cache-cache ?

- Cache-cache ? C'est quoi, ça ? demanda la Curiosité.

- Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez. Quand j'ai fini de compter, je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter.

* Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.

-1, 2, 3,... la Folie commença à compter.

* L'Empressement se cacha le premier, n'importe où. * La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre. * La Joie courut au milieu du jardin. * La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit approprié pour se cacher. * L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher. * La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient. * Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à 99.

- CENT ! cria la Folie, je vais commencer à chercher...

* La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert. * En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché. * Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité... * Quand ils étaient tous réunis, la Curiosité demanda

- Où est l'Amour ?

* Personne ne l'avait vu. * La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l'amour. Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, prit un bout de bois et commença à chercher parmi les branches, lorsque soudain elle entendit un cri. * C'était l'Amour, qui criait parce qu'une épine lui avait crevé un œil. * La Folie ne savait pas quoi faire. Elle s'excusa, implora l'Amour pour avoir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour toujours. * L'Amour accepta les excuses. * Aujourd'hui, l'Amour est aveugle et la Folie l'accompagne toujours.

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Les fleurs, Alphonse de Lamartine

Publié le par Elizabeth Robin

photos: © Juan Jose Bujidos

photos: © Juan Jose Bujidos

Ô terre, vil monceau de boue 
Où germent d'épineuses fleurs, 
Rendons grâce à Dieu, qui secoue 
Sur ton sein ses fraîches couleurs !

Sans ces urnes où goutte à goutte 
Le ciel rend la force à nos pas, 
Tout serait désert, et la route 
Au ciel ne s'achèverait pas.

Nous dirions : — À quoi bon poursuivre 
Ce sentier qui mène au cercueil ? 
Puisqu'on se lasse en vain à vivre, 
Mieux vaut s'arrêter sur le seuil. — 

Mais pour nous cacher les distances, 
Sur le chemin de nos douleurs 
Tu sèmes le sol d'espérances, 
Comme on borde un linceul de fleurs !

Et toi, mon cœur, cœur triste et tendre, 
Où chantaient de si fraîches voix ; 
Toi qui n'es plus qu'un bloc de cendre 
Couvert de charbons noirs et froids,

Ah ! Laisse refleurir encore 
Ces lueurs d'arrière-saison ! 
Le soir d'été qui s'évapore 
Laisse une pourpre à l'horizon.

Oui, meurs en brûlant, ô mon âme, 
Sur ton bûcher d'illusions, 
Comme l'astre éteignant sa flamme 
S'ensevelit dans ses rayons !

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