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Le brouillard, Maurice Carême

Publié le par Elizabeth Robin

photo: ©Elizabeth Robin

photo: ©Elizabeth Robin

Le brouillard a tout mis

Dans son sac de coton;

Le brouillard a tout pris

Autour de ma maison.

 

Plus de fleurs au jardin,

Plus d'arbres dans l'allée;

La serre des voisins

Semble s'être envolée.

 

Et je ne sais vraiment

Où peut s'être posé

Le moineau que j'entends

Si tristement crier.

 

Maurice Carême

 

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Ballade à la lune, Alfred de Musset

Publié le par Elizabeth Robin

photo: ©Juan Jose Bujidos, montage: Elizabeth Robin

photo: ©Juan Jose Bujidos, montage: Elizabeth Robin

C'était, dans la nuit brune, 
Sur le clocher jauni, 
La lune 
Comme un point sur un i. 

Lune, quel esprit sombre 
Promène au bout d'un fil, 
Dans l'ombre, 
Ta face et ton profil ? 

Es-tu l'oeil du ciel borgne ? 
Quel chérubin cafard 
Nous lorgne 
Sous ton masque blafard ? 

N'es-tu rien qu'une boule, 
Qu'un grand faucheux bien gras 
Qui roule 
Sans pattes et sans bras ? 

Es-tu, je t'en soupçonne, 
Le vieux cadran de fer 
Qui sonne 
L'heure aux damnés d'enfer ? 

Sur ton front qui voyage. 
Ce soir ont-ils compté 
Quel âge 
A leur éternité ? 

Est-ce un ver qui te ronge 
Quand ton disque noirci 
S'allonge 
En croissant rétréci ? 

Qui t'avait éborgnée, 
L'autre nuit ? T'étais-tu 
Cognée 
A quelque arbre pointu ? 

Car tu vins, pâle et morne 
Coller sur mes carreaux 
Ta corne 
À travers les barreaux. 

Va, lune moribonde, 
Le beau corps de Phébé 
La blonde 
Dans la mer est tombé. 

Tu n'en es que la face 
Et déjà, tout ridé, 
S'efface 
Ton front dépossédé. 

Rends-nous la chasseresse, 
Blanche, au sein virginal, 
Qui presse 
Quelque cerf matinal ! 

Oh ! sous le vert platane 
Sous les frais coudriers, 
Diane, 
Et ses grands lévriers ! 

Le chevreau noir qui doute, 
Pendu sur un rocher, 
L'écoute, 
L'écoute s'approcher. 

Et, suivant leurs curées, 
Par les vaux, par les blés, 
Les prées, 
Ses chiens s'en sont allés. 

Oh ! le soir, dans la brise, 
Phoebé, soeur d'Apollo, 
Surprise 
A l'ombre, un pied dans l'eau ! 

Phoebé qui, la nuit close, 
Aux lèvres d'un berger 
Se pose, 
Comme un oiseau léger. 

 

Lune, en notre mémoire,

De tes belles amours

L'histoire

t'embellira toujours.

 

Et toujours rajeunie,

Tu seras du passant

Bénie,

Pleine lune ou croissant.

 

T'aimera le vieux pâtre,

Seul, tandis qu'à ton front

D'albâtre

Ses dogues aboieront.

 

T'aimera le pilote

Dans son grand bâtiment,

Qui flotte,

Sous le clair firmament.

 

Et la fillette preste

Qui passe le buisson,

Pied leste,

En chantant sa chanson.

 

Comme un ours à la chaîne,

Toujours sous tes yeux bleus

Se traîne

L'océan monstrueux.

 

Et qu'il vente ou qu'il neige

Moi-même, chaque soir,

Que fais-je,

Venant ici m'asseoir ?

 

Je viens voir à la brune,

Sur le clocher jauni,

La lune

Comme un point sur un i.

 

Peut-être quand déchante

Quelque pauvre mari,

Méchante,

De loin tu lui souris.

 

Dans sa douleur amère,

Quand au gendre béni

La mère

Livre la clef du nid,

 

Le pied dans sa pantoufle,

Voilà l'époux tout prêt

Qui souffle

Le bougeoir indiscret.

 

Au pudique Hyménée

La vierge qui se croit

Menée,

Grelotte en son lit froid,

 

Mais Monsieur tout en flamme

Commence à rudoyer

Madame,

Qui commence à crier.

 

"Ouf ! dit-il, je travaille,

Ma bonne, et ne fais rien

Qui vaille;

Tu ne te tiens pas bien."

 

Et vite il se dépêche.

Mais quel démon caché

L'empêche

De commettre un péché?

 

"Ah ! dit-il, prenons garde.

Quel témoin curieux

Regarde

Avec ces deux grands yeux ?"

 

Et c'est, dans la nuit brune,

Sur un clocher jauni,

La lune

Comme un point sur un i.

 

 

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Les souvenirs sont du vent, ils inventent les nuages. Jules Supervielle

Publié le par Elizabeth Robin

photos: ©Juan Jose Bujidos; montage: Elizabeth Robin

photos: ©Juan Jose Bujidos; montage: Elizabeth Robin

Les souvenirs sont du vent, ils inventent les nuages.

Jules Supervielle / Le corps tragique

Le monde est plein de voix qui perdirent visage et tournent nuit et jour pour en demander un.

Jules Supervielle / Les amis inconnus 

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Á la semelle des petits souliers

Publié le par Elizabeth Robin

Elizabeth Robin
Elizabeth Robin

Elizabeth Robin

Voici un nouveau recueil Á la semelle des petits souliers, publié aux éditions Flam en avril 2017, © Elizabeth Robin.

J'ai écrit cette fois pour les enfants, mais je dois reconnaître et préciser "pas interdit aux adultes" ! Petits et grands s'y retrouvent joyeusement !

Redécouvrez le songe, l'imaginaire, les éclats de rire au fil de ces pages illustrées par de magnifiques photos de Juan Jose Bujidos et de moi-même !

Disponible via ce blog, ou adresse mail : eliz.rob77@gmail.com

Elizabeth Robin

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Tourbillon

Publié le par Elizabeth Robin

Tourbillon
Tourbillon

Tourbillon

Voici l'ensemble poétique Tourbillon, avec version espagnole, publié aux éditions Flam en septembre 2015.

Aquí está el poemario Tourbillon, con la versión española, publicado en las ediciones Flam, septiembre 2015.

Disponible sur :

Amazon (format Kindle) : https://www.amazon.fr/TOURBILLON-Elizabeth-Robin-ebook/dp/B01E90ZTHK/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1466426520&sr=1-1&keywords=tourbillon+elizabeth+robin

Mais aussi en format broché via ce site.

Elizabeth Robin

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Vents dominants

Publié le par Elizabeth Robin

photo: Elizabeth Robin

Voici mon premier recueil de poésie Vents dominants, publié aux éditions 7écrit en novembre 2014.

Disponible sur :

Amazon (format broché et format Kindle) : https://www.amazon.fr/Vents-dominants-Elizabeth-Robin-ebook/dp/B017RN4GJS/ref=sr_1_7?s=books&ie=UTF8&qid=1466425341&sr=1-7&keywords=vents+dominants

Fnac Internet : http://livre.fnac.com/a9852203/Elizabeth-Robin-Vents-dominants

Mais aussi en commande via ce site.

Elizabeth Robin

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