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anthologie

Écouter la nature... une citation de Victor Hugo

Publié le par Elizabeth Robin

photo: ©Juan Jose Bujidos

photo: ©Juan Jose Bujidos

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Quand la vie est un collier..., Jacques Prévert, extrait de "Adonides", dans Fatras

Publié le par Elizabeth Robin

photo et montage: Elizabeth Robin

photo et montage: Elizabeth Robin

 

Quand la vie est un collier

Chaque jour est une perle

Quand la vie est une cage

Chaque jour est une larme

Quand la vie est une forêt

Chaque jour est un arbre

Quand la vie est un arbre

Chaque jour est une branche

Quand la vie est une branche

Chaque jour est une feuille

 

Quand la vie est la mer

Chaque jour est une vague

Chaque vague une plainte

Une chanson un frisson

 

Quand la vie est un jeu

Chaque jour est une carte

Le carreau ou le trèfle

Le pique le malheur

 

Et quand c’est le bonheur

Les cartes de l’amour

C’est le cul et le cœur.

 

Jacques Prévert, Adonides, dans Fatras

 

 

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Les cœurs tendres, Jacques Brel

Publié le par Elizabeth Robin

photos: ©Juan Jose Bujidos / montages et réalisation: Elizabeth Robin

photos: ©Juan Jose Bujidos / montages et réalisation: Elizabeth Robin

 Jacques Brel, 1967:

Les cœurs tendres

 

Y’en a qui ont le cœur si large

Qu’on y entre sans frapper

Y’en a qui ont le cœur si large

Qu’on n’en voit que la moitié

Y’en a qui ont le cœur si frêle

Qu’on le briserait du doigt

Y’en a qui ont le cœur trop frêle

Pour vivre comme toi et moi

Z’ont plein de fleurs dans les yeux

Les yeux à fleur de peur

De peur de manquer l’heure

Qui conduit à Paris

 

Y’en a qui ont le cœur si tendre

Qu’y reposent les mésanges

Y’en a qui ont le cœur trop tendre

Moitié hommes et moitié anges

Y’en a qui ont le cœur si vaste

Qu’ils sont toujours en voyage

Y’en a qui ont le cœur trop vaste

Pour se priver de mirages

Z’ont plein de fleurs dans les yeux

Les yeux à fleur de peur

De peur de manquer l’heure

Qui conduit à Paris

 

Y’en a qui ont le cœur dehors

Et ne peuvent que l’offrir

Le cœur tellement dehors

Qu’ils sont tous à s’en servir

Celui-là a le cœur dehors

Et si frêle et si tendre

Que maudits soient les arbres morts

Qui ne pourraient point l’entendre

A plein de fleurs dans les yeux

Les yeux à fleur de peur

De peur de manquer l’heure

Qui conduit à Paris

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Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ; Victor Hugo, Les chants du crépuscule

Publié le par Elizabeth Robin

photo: © Juan Jose Bujidos / Elizabeth Robin

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Il faut nous aimer vivants, Paul Fort / Georges Brassens, chanson interprétée par Éric Zimmerman

Publié le par Elizabeth Robin

photo: ©Juan Jose Bujidos / traitement: Elizabeth Robin

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Sans curé maire notaire
Ou avec ça se défend
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

A moins d’être au monastère
Et toi, ma belle au couvent
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

N’embarquons pas pour Cythère
Morts et froids les pieds devant
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

Quand même un Dieu salutaire
Renouerait nos cœurs fervents
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

Ma poussière et ta poussière
Deviendront le gré des vents
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants
Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant

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Composition, extrait de Cascades 1959, Pierre Noël

Publié le par Elizabeth Robin

Composition, extrait de Cascades 1959, Pierre Noël

Découvrir les poèmes de Pierre Noël en parcourant son recueil Cascades, c'est comme faire le plein de calme, de sérénité. C'est une pause fraîche et vraiment jolie !

Les illustrations:

dessins de Pierre Noël 

photographies de Christian Duval

figures de Marie-Claire Fraigneau

 

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La lune blanche, Paul Verlaine

Publié le par Elizabeth Robin

photo: © Juan Jose Bujidos

photo: © Juan Jose Bujidos

La lune blanche

Luit dans les bois ;

De chaque branche

Part une voix

Sous la ramée...

 

O bien-aimée.

 

L’étang reflète,

Profond miroir,

La silhouette

Du saule noir

Où le vent pleure...

 

Rêvons, c’est l’heure.

 

Un vaste et tendre

Apaisement

Semble descendre

Du firmament

Que l’astre irise…

 

 

C’est l’heure exquise.

 

Paul Verlaine, La bonne chanson

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Berceuse pour les ours qui ne sont pas là, Boris Vian

Publié le par Elizabeth Robin

Photo: © Juan Jose Bujidos / montage: Elizabeth Robin

Photo: © Juan Jose Bujidos / montage: Elizabeth Robin

Berceuse pour les ours qui ne sont pas là, Boris Vian

Oursi ourson ourzoula
Je voudrais que tu sois là
que tu frappes à la porte
Et tu me dirais c’est moi
Devine ce que je t’apporte
Et tu m’apporterais toi 

Depuis que tu es partie
j’ai de l’ennui tout autour 
ça me ravage le foie
beaucoup mieux qu’un vrai vautour
Et je ne sais plus quoi faire
Alors j’ai pris tes photos
je les ai pendues au mur
Et j’ai dit regardez-moi
avec vos yeux d’autre part
Ce sont les seuls yeux du monde
Dans lesquels j’ose le voir

Le Bärchen était au mur
Et il s’est mis à pleurer
parce que j’étais si triste
il voulait me consoler

Les autres peuvent me dire
des choses, des choses,
des choses mais que j’oublie vite
toi je sais ce que tu dis 
Je me rappelle ta voix
Je me rappelle tes mots

Je t’ai suivie à la gare
je suis monté dans le train
mais il est parti tout seul
Tu disais que je m’en aille
pour ne pas que je m’ennuie
en attendant sur le quai

Plus jamais une seconde
plus jamais sans te toucher
savoir que tu es si loin
ne pas pouvoir y aller
mais comme un pauvre imbécile
Je disais  pour quelques jours
se séparer, c’est facile
après tout, s’il arrivait
que tu partes en tournée

Il faudrait nous habituer 
mais tu vois si j’étais bête …
Car on ne s’habitue pas
à crever, même en six mois. 

Oursi Ourson Ourzoula
Je voudrais que tu sois là
Tes talons dans l’escalier
feraient le bruit que je guette
et tu serais dans mes bras

C’est dimanche, il est huit heures
Et je ne veux pas sortir
Et je m’ennuie à mourir
Alors je t’écris, mon ange
Une chanson du dimanche
Une chanson pas très drôle
Mais on y rajoutera
Mardi soir, un grand couplet
Viens dormir sur mon épaule
et on ne dormira pas

Boris Vian, extrait de Berceuse pour les ours partis. 1951

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Le chat, Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

Publié le par Elizabeth Robin

Photo: © Juan Jose Bujidos

Photo: © Juan Jose Bujidos

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Pour faire le portrait d'un oiseau, Jacques Prévert,

Publié le par Elizabeth Robin

photo: © Juan Jose Bujidos / Elizabeth Robin

photo: © Juan Jose Bujidos / Elizabeth Robin

Pour faire le portrait d’un oiseau

 

Peindre d’abord une cage

avec une porte ouverte

peindre ensuite quelque chose de joli

quelque chose de simple

quelque chose de beau

quelque chose d’utile

pour l’oiseau

placer ensuite la toile contre un arbre

dans un jardin

dans un bois

ou dans une forêt

se cacher derrière l’arbre sans rien dire

sans bouger…

Parfois l’oiseau arrive vite

mais il peut aussi bien mettre de longues années

avant de se décider

Ne pas se décourager

attendre

attendre s’il le faut pendant des années

la vitesse ou la lenteur de l’arrivée

de l’oiseau n’ayant aucun rapport

avec la réussite du tableau

Quand l’oiseau arrive

S’il arrive

observer le plus profond silence

attendre que l’oiseau entre dans la cage

et quand il est entré

fermer doucement la porte avec le pinceau

puis

effacer un à un tous les barreaux

en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau

Faire ensuite le portrait de l’arbre

en choisissant la plus belle de ses branches

pour l’oiseau

peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent

la poussière du soleil

et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été

et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter

Si l’oiseau ne chante pas

c’est mauvais signe

signe que le tableau est mauvais

mais s’il chante c’est bon signe

signe que vous pouvez signer

alors vous arrachez tout doucement

une des plumes de l’oiseau

et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

 

Jacques Prévert, Paroles, 1945

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