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anthologie

"Au plus fort de l'orage... avant de s'envoler", René Char

Publié le par Elizabeth Robin

photo: Juan Jose Bujidos

photo: Juan Jose Bujidos

Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu, il chante avant de s'envoler.

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Écrire est semblable à respirer / Escribir es como respirar, José Carlos Llop

Publié le par Elizabeth Robin

Écrire est semblable à respirer / Escribir es como respirar, José Carlos Llop

Écrivain espagnol, né en 1956, José Carlos Llop publie ses premiers poèmes en 1974, à 18 ans.

Dans le premier des quatre volumes de son Journal, il explique qu’il a commencé à écrire lorsque ses parents ont vendu la maison de ses grands-parents où José avait été heureux et où il avait entendu son grand-père dire qu’être écrivain était une des meilleures choses qui puissent exister.

Depuis, Llop a écrit de la poésie - sept recueils rassemblés en un seul volume Poesía (1974-2014) et un recueil en catalan Quartet (2002) ; quatre volumes de journaux dont les trois premiers ont été réunis sous le titre Diarios (1990-2006) ; deux recueils de nouvelles Pasaporte diplomático (1991) et La novela del siglo (1999) ; trois recueils d’essais ; d’innombrables articles dans la presse locale et nationale. Il est également l’auteur de romans, dont El informe Stein (1995), La cámara de ámbar (1996), le troisième Háblame del tercer hombre (2001) est le premier a être traduit en français, Parle-moi du troisième homme, (2005), le dernier El mensajero de Argel (2004) Le Messager d’Alger, Reyes de Alejandría ( 2016 ), Oriente (2019). Son dernier recueil de poésie La Dádiva est sorti en 2005. 

Llop cherche plus à créer des atmosphères qui parlent d’un monde qui fut, à laisser des empreintes, à évoquer des idées qu’à construire des histoires. Ses personnages, fracassés par la vie, sont plutôt fantasmagoriques et ses trames tournent autour d’un secret ; tout ceci dans un style très lyrique.

Dans Le Figaro.fr Scope

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Fleurs d'exil, René Richard

Publié le par Elizabeth Robin

Photos: © Juan Jose Bujidos / Montage: Elizabeth Robin

Photos: © Juan Jose Bujidos / Montage: Elizabeth Robin

Un poème qui sonne comme une "Marseillaise" ! Un drapeau de fleurs...

René Richard n'est malheureusement pas connu. 

Il a été prisonnier pendant la guerre 14/18. Pendant ses jours de captivité il écrit des poèmes et chacun d'entre-eux est dédié à un membre de sa famille, à un ami ou à un compagnon de captivité.

René Richard revient vivant de la grande guerre. Il devient député. Puis il est déporté en 1944. Il continue à écrire des poèmes pendant cette seconde captivité.

Á son retour en 1945, il rassemble ses poèmes dans un recueil intitulé Vers captifs qui sera publié en 1946 en 40 exemplaires seulement. 

Fleurs d'exil, dédié à Paul Daray, Prince de la musique.

L'adorable bouquet que je fis ce matin,

Glanant au jardinet de nos geôliers moroses

Quelques fleurs de Chez Nous, toutes fraîches écloses

En leur splendeur première et leur premier parfum.

 

L'humble myosotis qu'un bourdon suce

Attira tout d'abord mon regard indécis

Par son bleu trop discret pour être un bleu de Prusse,

Ce bleu que le ciel mit au blason de Paris.

 

Un lys qui paradait, orgueilleux et superbe,

Fut un butin facile à mon désir offert;

Un œillet rouge vif, cueilli d'un doigt expert,

D'une goutte de sang vint compléter ma gerbe.

 

Mais soudain ! mon bouquet, mon tout petit bouquet !

Le voici qui grandit, s'élargit et s'étale

Et des plis frangés d'or s'échappent d'un pétale.

Quel lys éblouissant ! quel fulgurant œillet !

 

Le myosotis  même élargit sa corolle.

Miracle de mes yeux, miracle du cerveau:

De ce petit bouquet mon cœur fait un drapeau.

Ton drapeau, douce France; à nous, notre auréole !

 

Darmstadt, fin juillet 1915.

Zerbst, 17 octobre 1915

J'ai découvert Fleurs d'exil en août 2015, cent ans après que René Richard l'a écrit. 

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Alicante, poème de Jacques Prévert Alicante, poema de Jacques Prévert

Publié le par Elizabeth Robin

photo: © Juan Jose Bujidos

photo: © Juan Jose Bujidos

Alicante, Jacques Prévert

Une orange sur la table

Ta robe sur le tapis

Et toi dans mon lit

Doux présent du présent

Fraîcheur de la nuit

Chaleur de ma vie

 

Traducción en español:

Una naranja sobre la mesa

Tu vestido en la alfombra

Y tú en mi cama

Dulce presente del presente

Frescor de la noche

Calor de mi vida

 

 

 

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"Je sais maintenant que la poésie naît du langage..." Jorge Luis Borges

Publié le par Elizabeth Robin

photo: ©Juan Jose Bujidos

photo: ©Juan Jose Bujidos

Jorge Luis Borges était directeur de la bibliothèque nationale de Buenos Aires, mais il souffrait d'une maladie entraînant une cécité progressive qui devint définitive en 1955... ainsi écrit-il ces mots sur l'ironie de la situation:

"Petit à petit j'ai compris l'étrange ironie des faits. J'avais toujours imaginé le paradis sous le genre d'une bibliothèque. D'autres personnes pensent à un jardin, d'autres peuvent penser à un palais. J'étais là. C'était en quelque sorte le centre de neuf cent mille volumes en différentes langues. J'ai constaté que je pouvais à peine déchiffrer les couvertures et les longes." Jorge Luis Borges Sept nuits. OC 3: 278

Poco a poco fui comprendiendo la extraña ironía de los hechos. Yo siempre me había imaginado el Paraíso bajo la especie de una biblioteca. Otras personas piensan en un jardín, otras pueden pensar en un palacio. Ahí estaba yo. Era, de algún modo, el centro de novecientos mil volúmenes en diversos idiomas. Comprobé que apenas podía descifrar las carátulas y los lomos. Siete noches. OC 3: 278

« Comme tous les jeunes écrivains, j’ai commencé par être un génie. À présent, je me résigne à être Borges. On me dit qu’il y a des bibliothèques écrites sur moi. Je n’ai pas lu un seul de ces livres. Je continue à penser au fer, à mes livres futurs »

 « Je croyais aux théories. Je sais maintenant que la poésie naît du langage, car chaque langage est une façon de sentir le monde ; chaque langage est une littérature possible. »

 

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Par un mot tout est sauvé. Par un mot tout est perdu, André Breton

Publié le par Elizabeth Robin

Par un mot tout est sauvé. Par un mot tout est perdu, André Breton

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Harmonie du soir, Charles Baudelaire

Publié le par Elizabeth Robin

photo : © Juan Jose Bujidos

photo : © Juan Jose Bujidos

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal - Spleen et idéal, 1857.

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Les nénuphars, Edmond Rostand

Publié le par Elizabeth Robin

photo : © Juan Jose Bujidos

photo : © Juan Jose Bujidos

L'étang dont le soleil chauffe la somnolence

Est fleuri, ce matin, de beaux nénuphars blancs ;

Les uns, sortis de l'eau, se dressent tout tremblants

Et dans l'air parfumé leur tige se balance.

 

D'autres n'ont encor pu fièrement émerger :

Mais leur fleur vient sourire à la surface lisse.

On les voit remuer doucement et nager:

L'eau frissonnante affleure aux bords de leur calice.

 

Edmond Rostand (1868-1918)

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Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne. Victor Hugo, Les quatre vents de l'esprit.

Publié le par Elizabeth Robin

aquarelle: © Henri Petit

aquarelle: © Henri Petit

Écrit après la visite d'un bagne ;

 

Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.

Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le cœur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.

La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas ;
Le germe a droit d'éclore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre,
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.

Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère,
De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute ;
Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute ;
Pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis.
Le premier crime fut sur eux-mêmes commis ;
On a de la pensée éteint en eux la flamme :
Et la société leur a volé leur âme.

 

Victor Hugo, Jersey, 27 février 1853, Les quatre vents de l’esprit 

 

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Le regret... l'ombre sur le cadran solaire, Paul Éluard

Publié le par Elizabeth Robin

Photo: © Juan Jose Bujidos

Photo: © Juan Jose Bujidos

De toutes les façons qu'a le tournesol d'aimer la lumière, le regret est la plus belle ombre sur le cadran solaire.

Paul Éluard, L'immaculée Conception, 1930

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