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Pablo Neruda

Publié le par Elizabeth Robin

Photo: Elizabeth Robin

photo: © Elizabeth Robin

Vous connaissez sans doute ce superbe poème "Ode à la mer", mais connaissez-vous "Les vies / Las vidas" ?

Un extrait de l'Ode à la mer :

ICI dans l'île la mer et quelle étendue! sort hors de soi à chaque instant, en disant oui, en disant non, non et non et non, en disant oui, en bleu, en écume, en galop, en disant non, et non. Elle ne peut rester tranquille, je me nomme la mer, répète-t-elle en frappant une pierre sans arriver à la convaincre, alors avec sept langues vertes de sept chiens verts, de sept tigres verts, de sept mers vertes, elle la parcourt, l'embrasse, l'humidifie et elle se frappe la poitrine en répétant son nom. ô mer, ainsi te nommes-tu. ô camarade océan, ne perds ni temps ni eau, ne t'agite pas autant, aide-nous...

Las vidas

Ay qué incómoda a veces

te siento

conmigo, vencedor entre los hombres !

Porque no sabes

que conmigo vencieron

miles de rostros que no puedes ver,

miles de pies y pechos que marcharon conmigo,

que no soy,

que no existo,

que sólo soy la frente de los que van conmigo,

que soy más fuerte

porque llevo en mí

no mi pequeña vida

sino todas las vidas,

y ando seguro hacia adelante

porque tengo mil ojos,

golpeo con peso de piedra

porque tengo mil manos

y mi voz se oye en las orillas

de todas las tierras

porque es la voz de todos

los que no hablaron,

de los que no cantaron

y cantan hoy con esta boca

que a ti te besa.

Les vies

Ah ! comme je te sens parfois

agacée

contre moi, vainqueur au milieu des hommes !

Et cela car tu ne sais pas

que ma victoire est celle aussi

de milliers de visages que tu ne peux pas voir,

de milliers de pieds et de cœurs qui m'escortèrent,

je ne suis rien

et je n'existe aucunement,

je ne suis que le front de ceux qui m'accompagnent,

si je suis fort

c'est parce que je porte en moi

au lieu de ma médiocre vie

toutes les vies,

un millier d'yeux

me permettent d'aller sans faille de l'avant,

mille mains

pour frapper dur comme la pierre,

et l'on entend ma voix à l'orée de toutes les terres

parce qu'elle est la voix de tous

ceux qui m'ont parlé,

de tous ceux qui n'ont pas chanté

et qui chantent aujourd'hui

par cette bouche qui t'embrasse.

Jean Ferrat chante Aragon

Complainte de Pablo Neruda

Je vais dire la légende De celui qui s'est enfui Et fait les oiseaux des Andes Se taire au cœur de la nuit Le ciel était de velours Incompréhensiblement Le soir tombe et les beaux jours Meurent on ne sait comment [Refrain] : Comment croire comment croire Au pas pesant des soldats Quand j'entends la chanson noire De Don Pablo Neruda Lorsque la musique est belle Tous les hommes sont égaux Et l'injustice rebelle Paris ou Santiago Nous parlons même langage Et le même chant nous lie Une cage est une cage En France comme au Chili [Refrain] Sous le fouet de la famine Terre terre des volcans Le gendarme te domine Mon vieux pays araucan Pays double où peuvent vivre Des lièvres et des pumas Triste et beau comme le cuivre Au désert d'Atacama [Refrain] Avec tes forêts de hêtres Tes myrtes méridionaux O mon pays de salpêtre D'arsenic et de guano Mon pays contradictoire Absent et présent ensemble Invisible mais trahi Neruda que tu ressembles À ton malheureux pays Ta résidence est la terre Et le ciel en même temps Silencieux solitaire Et dans la foule chantant [Refrain]

Jean Ferrat chante Aragon, article Elizabeth Robin

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